Pause café avec Marvin & Guy

marvinguy.jpg

Un an après la sortie de l’inoubliable ‘Super Conjunction’, Marvin & Guy font leur retour chez Life And Death, avec un EP de trois tracks longuement attendu. Nous avons saisi l’occasion pour prendre un café avec eux et leur poser quelques questions à ce sujet.

 

A propos de votre nom : Est-ce que ‘Marvin & Guy’ est une référence à Marvin Gaye et aux années ‘Mototown’ ?

Oui, bien sûr. Nous pensions que c’était assez évident dès la création de M&G, mais apparemment pas mal de gens n’ont pas fait le rapprochement, donc vous êtes officiellement la première personne à saisir la référence. Nous avons grandi avec la soul, le disco, le boogie, donc en gros c’était une des premières évocations qui nous est venue à l’esprit quand on a dû choisir un nom.

 

Depuis la signature de votre premier EP avec Life And Death en 2017 : ‘Superior Conjunction’, votre style a évolué, pour devenir plus cosmique et onirique. Est-ce que vous voyez ça comme une façon d’échapper à la réalité, ou bien est-ce pour que les autres puissent y échapper ?

Dans toutes les productions  que nous avons faites pour l’instant, il y a une part de rêve, et c’est d’ailleurs la partie la plus importante de notre musique, que nous continuons d’utiliser et avec laquelle nous grandissons. Si nous sommes si cérébraux c’est surtout parce que nous voulons voir les gens écouter notre musique dans les clubs, bien sûr, mais aussi dans l’avion ou encore mieux, pour s’endormir. On a besoin de sons oniriques dans la musique dans tous les cas. Honnêtement, ça ne change pas grand-chose que ce soit à 100 ou 130 bpm. Une des dernières choses que nous faisons pour nous assurer que la track est bonne, c’est de l’écouter au lit avant de s’endormir. Sans rire. On pourrait donc dire que c’est une façon de permettre aux gens de se couper du reste du monde, en effet.

 

Dans votre prochain EP ‘Solar Warriors’, qui est sorti récemment chez Life And Death, deux des trois tracks contiennent des voix. Que pensez-vous de l'utilisation de la voix dans la musique électronique ? Quelle fonction a-t-elle dans cet EP ?

 Les voix sont fondamentales dans tout style de musique. Même si c’est uniquement une courte boucle vocale. On a utilisé des voix dans 90% de nos morceaux. Dans cet enregistrement, ce n’est peut-être pas l’élément principal, mais on a tenu à en utiliser pour faire un rappel et une véritable suite à ‘The Train of Fantastic’, sans toutefois trop le copier. On a aussi voulu faire une collaboration avec notre chère amie Annegret (Perel), donc ça tombait bien étant donné qu’elle a une voix unique, elle a su parfaitement donner corps à ce qu’on avait en tête. Toujours dans le rêve, toujours sexy et doux. C’est vraiment ce qu’on aime. Pas besoin que ce soit une chanson entière, vous savez. Simplement quelques mots prononcés, c’est parfait, à condition qu’ils soient vraiment forts. Ce n’est pas tellement une question de fonction, mais plutôt d’émotion que vous voulez créer en ajoutant des voix.

 

 

marvin guy.jpg

Votre musique possède une forte influence des années 80 et du disco italien. Est-ce qu’il y a des synthés ou boîtes à rythme de cette période pour lesquelles vous avez une préférence ?

Tous les synthés que nous utilisons sont de cette époque oui, aucun en particulier : on les utilise tous !

 

Est-ce que vous pouvez nous emmener avec vous pour une journée type au studio de Marvin & Guy ?

Première étape : un bon expresso et une cigarette. Ensuite on commence à jouer quelques mélodies, qu’on avait enregistrées à la voix sur nos téléphones par exemple. Parfois on enregistre des mélodies qui nous viennent à l’esprit, sinon on les oublie complètement. Une fois qu’on a trouvé le son parfait pour la mélodie principale, Alessandro commence à composer le rythme et à jouer sur les pads et les leads pendant que Marcello va essayer de trouver la bonne mélodie et ligne de basse. Étape intermédiaire : câliner le chat et boire un autre expresso. Etape finale : mixer le tout, expressos et câlins compris.

 

Vous travaillez en duo à la fois au DJ booth et au studio. Quels sont les avantages et les inconvénients de travailler ensemble ?

Bosser en équipe aide beaucoup, à plusieurs points de vue. Surtout si vous êtes des personnes très différentes, comme c’est le cas pour nous. L’un complète l’autre, et c’est vraiment ce qui nous aide pour tout, de la création musicale à la tournée. On ne s’est pas disputé une seule fois depuis notre rencontre.

 

Est-ce que vous avez une track associée à un plaisir coupable ou à un souvenir spécial ?

Alessandro : Queens Of The Stone Age - Make It Wit Chu

Marcello : Nu Colours - Desire Full Chorus London

 

Je suis curieux de savoir à quel point la musique est essentielle à votre vie. Est-ce que vous écoutez de la musique pendant votre temps libre ? Quels autres genres de musique écoutez-vous ?

Bien sûr. Marcello va préférer écouter de la black music, surtout en prenant sa douche. Alessandro est plutôt féru de bandes originales, des trucs plus cérébraux et relaxants.

 

D’après une interview pour Tech On, Marcello aime le vin et Alessandro est amateur de belles voitures anciennes. Quelle est votre track préférée pour boire et conduire ?

Il y en aurait des millions, mais si on doit en choisir une tout de suite ce serait ‘The Jeremy Spencer Band - Cool Breeze’.

 

Est-ce qu’il existe un endroit inhabituel dans lequel vous aimeriez pouvoir jouer ?

Ce n’est pas un endroit inhabituel mais plutôt impossible, pour des raisons évidentes, et il y en a deux : Paradise Garage à New York, ou Music Box à Chicago.

Si on devait réfléchir à un endroit vraiment exceptionnel on dirait au milieu de Teotihuacan au Mexique.

 

Pouvez-vous nous dire un mot sur les projets exaltants sur lesquels vous bossez actuellement ?

Il va y avoir un projet en parallèle à M&G, qui va être plus Space Disco, et joué en live avec des musiciens. C’est tout ce qu’on peut dévoiler pour le moment. On travaille aussi sur la sortie d’un premier album dans un futur proche.

Interview par Tibère Debouté et Dario Dea. Traduit de l’Anglais par Claire Prigent.

Coralie Lauren