Pause café en compagnie de TERR

terr melodic diggers

Nous ne sommes qu’en Juin, mais il ne fait aucun doute que sa dernière sortie sur Permanent Vacation sera dans notre top 10 de 2018. La brésilienne Daniela Caldellas, aussi connue sous le pseudonyme TERR, vit à Barcelone. Après plusieurs morceaux sortis pour Hotflush et Needwant, son EP ‘Have You Ever’ paru en Mars dernier, a rapidement fait d’énormes vagues dans la communauté de la musique et a immédiatement trouvé sa place dans notre collection de vinyles.

Aujourd’hui, nous allons interroger TERR sur son passé, ainsi que sur ses projets futurs. Tout d’abord, comment vas-tu aujourd’hui ?

Je vais bien, merci de poser la question ! Le temps n’est ni trop chaud, ni trop froid ici à Barcelone; je travaille sur bon nombre de nouveaux sons, et j’adore ce qu’il en ressort ! Je me sens plus inspirée que je ne l’ai jamais été, et ça me fait beaucoup de bien.

Comment es-tu tombée dans la musique électronique ?

C’est quand j’ai découvert The Chemical Brothers, et le mouvement de la musique électronique de manière générale, qui m’a laissée sans voix. Ensuite sont arrivés les années The Electroclash, et j’ai adoré : la scénographie, la musique, et toute l’esthétique qui allait avec. J’ai toujours joué du piano et de la guitare, et je composais de la musique seule dans ma chambre. C’est à ce moment que je me suis dit ‘Eh bien, je peux y arriver’. Puis j’ai commencé à produire, et je me suis également lancée dans le DJing.

Tu as grandi au Brésil mais tu vis actuellement à Barcelone. Est-ce que ce déménagement a eu une incidence sur ta musique ?

Tout dans la vie peut vous influencer : les gens, les émotions, la musique récente ou ancienne, les souvenirs, la météo, le cinéma, la politique, la littérature… Absolument tout ! Ma musique est le résultat de la somme de tout ce que j’ai pu vivre jusqu’à présent, donc je suis convaincue que mon déménagement à Barcelone a eu une influence à bien des égards, certains que j’ignore sûrement.


Que signifie ‘TERR’ ?

C’est le nom du personnage principal du film franco-tchèque ‘Fantastic Planet’ qui date de 1973. Un des meilleurs films que j’ai pu voir dans ma vie ! J’ai adoré le nom dès la première fois que j’ai vu ce film, il me fut donc facile de trouver un nom lorsque je me suis lancée dans ce projet.


Dans certaines des vidéos de ton studio, j’ai pu observer un Sub 37, un synthé modulaire, un SQ1 de la marque Korg, et bien d’autres. As-tu des préférences ?

Ces derniers temps, j’ai beaucoup utilisé le Korg Minilogue, ainsi que le Moog SubPhatty et le Sub37. En ce moment, je suis vraiment passionnée par les trucs analogiques et la chaleur de leurs sons. Je suis aussi accro à toute la série des Roland Boutique, comme le JU06 par exemple. Ce sont des bêtes énormes, contenus dans une petite boîte, c’est tout simple et incroyable.

Je devrais aussi parler du synthé Access Virus, c’est une sorte de couteau suisse pour la musique électronique. Pour les effets, je suis complètement accro au réverbérateur Strymon’s Big Sky et au TimeLine, ils sont inégalables dans le royaume de l’écho et de la réverb.

Peux-tu nous en dire plus sur la réalisation de ton EP ‘Have You Ever’ et ce qui t’a influencée ?

Chaque morceau de l’EP est différent, et je pense que ça illustre bien le fait que je suis ouverte à divers styles de musique. Le morceau éponyme ‘Have You Ever’ évoque les années 80 dans les voix, les mélodies. Quelque chose que ma mère considérerait comme de la musique. ‘Twenty Thousand Leagues’ est plus expérimental, avec l’influence du groupe Kraftwerk, je pense. ‘Memoir’ est plus house et disco. Je ne commence jamais un morceau en pensant à où cela devrait aller, je laisse la créativité s’exprimer et je vois où cela me mène…


Quels artistes et genre de musique écoutes-tu ces derniers temps ?

Je suis très éclectique. J’adore la musique brésilienne comme la Bossa Nova et la Samba des années 60 et 70, la musique brésilienne psychédélique des années 70 du mouvement culturel ‘Tropicalismo’, qui a eu une immense influence sur mes compositions. J’ai découvert récemment de nouvelles pépites d’un musicien néo-zélandais qui s’appelle Connan Mockasin, sans oublier Jon Hopkins : son nouvel album me fascine. On trouvera toujours dans mes playlists de grands artistes comme Philip Glass, Brian Eno, Gary Numan et Kate Bush.


Quand tu fais de la musique, as-tu une routine de travail spécifique, ou bien t’y prends-tu différemment pour chaque morceau ? Qu’est-ce qui prend le plus de temps ?

Chaque composition est individuelle dans le sens où je peux me trouver dans mon studio à Barcelone, ou encore au Brésil en tournée ou pour passer du temps en famille. Parfois je suis sur la route et je n’ai que mon ordinateur avec moi, mon rythme de travail et mes options de production varient donc considérablement en fonction de l’endroit où je me trouve. C’est une bonne chose cela dit, parce que chaque morceau est différent grâce à ça, raconte une nouvelle histoire. Et je ne m’ennuie jamais.


Nous savons que tu travailles sur un live set. Comment ce projet avance-t-il ? Quels sont tes projets à venir ?

J’adore être DJ, mais j’adore également la possibilité de jouer en live : expérimenter, essayer de nouvelles choses, de nouvelles structures, réverb, filtres... J’aime bien déconstruire mes morceaux et les réassembler d’une manière complètement différente, il était donc naturel pour moi de penser à un live set. Cela fait un moment que je travaille à son développement, et j’espère qu’il sera prêt bientôt.

Quant aux morceaux que je vais sortir, j’en ai signé de nouveaux, mais je dois garder ça secret pour le moment. J’ai beaucoup travaillé sur de nouveaux tracks dernièrement, attendez-vous à de plus en plus de nouveautés.

Interview par Dario Dea - Traduit de l’Anglais par Claire Prigent

Coralie Lauren