Pause café avec Stereocalypse

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Il y a un peu plus d’un an, c’est grâce à l’EP ‘Lace Star’ que nous découvrions Stereocalypse, le duo italien composé par Andrea Doria, manique des synthé et addict du studio depuis les années 90, et Olderic, DJ et producteur de renom depuis le début des années 2000.  Mettant l’accent sur les mélodies et les ambiances deep, le duo nous montre un bel exemple d’entrée en scène réussie, nous délivrant 2 EP (‘Lace Star’ sur Siamese mais aussi ‘Arboria’ sur Get Physical) et plusieurs remix (le premier de ‘Color The Rain’ de Flowers and Sea Creatures, le second de ‘I Don’t Know’ de WhoMadeWho) qui ont attiré l’attention des DJ les plus influents, notamment Dixon et Âme.

 

A l’occasion de la sortie tant attendue de leur single ‘Blue Dome Escargot’ sur la compilation ‘Secret Weapons Part 10’ de Innervisions, nous souhaitions en savoir un peu plus sur le duo et leurs projets.

 

 

 

 

 

‘Blue Dome Escargot’ est un nom intéressant pour un morceau. Pourquoi ce nom ?

En général, les noms de nos morceaux viennent naturellement, c’est très instinctif lorsque nous créons de la musique car chaque petit son évoque une image… Nous avons eu cette vision d’un escargot triste (‘blue’ veut aussi dire triste en Anglais) qui glissait, en suivant progressivement le rythme de notre track deep et mélancolique… Mais au cas où vous vous demanderiez… nous n’avions pas pris de champis ce jour-là !

C’était assez drôle d’ailleurs de voir les gens poster cet emoji en forme d’escargot bleu en commentaire des vidéos où on voyait Dixon ou Âme jouer notre morceau.

 

 

BDE vient de sortir sur le nouveau ‘Secret Weapons’, et l’édition précédente sortait un an plus tôt. On dirait que l’équipe Innervisions a décidé de devenir plus sélective avec moins de tracks.

Comment en êtes-vous arrivés à signer sur le label, et qu’est-ce que ça fait de signer sur un des labels les plus influents du moment ?

 

Nous sommes d’accord, cette release est spéciale car elle est composée de tracks soigneusement sélectionnés pendant une année par les boss du label eux-mêmes, et nous somme bien sûr très heureux d’en faire partie. Pour dire vrai, l’univers d’Innervisions est vraiment celui dans lequel on se retrouve depuis le début de notre projet, et nous savons tout simplement envoyé ‘Blue Dome Escargot’ à Steffen et à Kristian fin Octobre 2017 lorsqu’il était tout juste fini. En réécoutant l’ambiance et la mélodie nous avons pensé à eux, et nous avons eu un très bon retour de leur part, nous demandant d’inclure ce track dans le prochain ‘Secret Weapons’. Un grand plaisir pour nous, d’autant plus qu’à cette période ils jouaient encore nos remix de Flowers and Sea Creatures et de WhoMadeWho, c’était le moment parfait pour faire le lien.

Parlons un peu de vous. Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Enrico connaissait déjà Andrea de sa réputation de longue date dans la scène électronique mais n’avais jamais eu l’occasion de le rencontrer, jusqu’à ce qu’un bon ami à nous organise cette rencontre en Octobre 2015. Le but de cette première rencontre était simplement de parler de la scène électronique, car Andrea avait décidé de faire un break pour se concentrer sur la production et n’était plus dans le game depuis 8 ans. Nous cherchions tous les deux de nouvelles inspirations à ce moment-là et tout s’est fait progressivement, avec l’enthousiasme d’Andrea à l’idée de créer de la musique, et Enrico repoussant ses limites en terme de production… Session studio après session studio, nous avions vraiment un bon feeling, et c’est comme ça que nous en sommes arrivés à ce que nous faisons aujourd’hui. 

 

Le fait de travailler ensemble a-t-il changé votre façon de créer de la musique ?

Certainement oui, nous pouvons dire que nous avons tous les deux évolué. Andrea apprécie pouvoir travailler avec un DJ habitué des dancefloors comme Enrico qui est plus attentif à certains éléments comme les percussions, tandis que Enrico adapte son savoir ‘club’ à la vision et au talent d’Andrea. 

 

 

Vous avez chacun beaucoup d’expérience en terme de production musicale. Quelle est la clé pour réussir un track ? Et avez-vous un synthé en particulier que vous devez absolument avoir dans votre studio ?

Tout est important pour créer un bon track, que ce soit les éléments que tu choisis ou comment tu les assembles… Mais ce qu’il faut surtout c’est réussir à créer cette touche originale qui en fait un morceau unique. Parfois c’est un coup de chance, parfois nous avons une idée bien précise de ce que nous voulons faire. Nous avons un poster au studio qui dit ‘Do what thou wilt shall be the whole of the Law’ (traduction : ‘Fais ce que tu veux sera le tout de la loi’), et c’est ce que nous faisons avec notre musique. Nous aimons explorer et expérimenter, peu importe la demande du marché. Nous créons des morceaux que nous pouvons vivre et ressentir. 

Effectivement nous devons absolument avoir nos jouets au studio ! Notamment le superbe Roland SYSTEM-100M, deux vieux mais géniaux Commodore 64 modifiés. Plusieurs sonorités de nos tracks, permis lesquels ‘escargot’, proviennent de ce petit 8 bit SID chip MOS 6581.

 

 

La mélodie est visiblement un élément clé dans vos productions. Etes-vous inspirés par quelque chose en particulier lorsque vous composez ? Y a-t-il un lien avec votre logo ?

Tout est susceptible d’être une source d’inspiration, mais généralement ça vient d’images, de situations de tous les jours, mais ça peut même venir de réflexions philosophiques…

Vous avez vu juste, en effet notre logo représente le pouvoir de l’oeil de l’esprit, vous n’avez pas besoin d’autres yeux pour créer de la musique…

Et nous écoutons aussi beaucoup de musique des années 80, en particulier tout ce qui est ‘new wave’ et ‘cosmic’.

 

 

Au fil des années vous avez pu voir de nombreux styles musicaux aller et venir. D’après vous quelles sont les principales tendances de cette année ?

Honnêtement nous ne nous intéressons pas trop aux tendances, pour nous la musique est directement liée aux émotions humaines plutôt qu’à des styles ou des modes. On pense que ça sera plutôt ‘émotions pour tout le monde’ peu importe le genre musical.

 

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur vos plans pour 2018 ?

Nous allons sortir de la nouvelle musique bien sûr, travailler sur un live-set en duo (pour l’instant nous ne faisons que des DJ-sets par Enrico). Pour le reste vous pourrez le découvrir via nos réseaux, nous aimons faire des surprises et aujourd’hui nous devons partager petit à petit, car tout devient viral en quelques secondes et les gens se lassent facilement.

 

Interview par Dario Dea - Traduit de l'Anglais

Coralie Lauren